Histoire

Le village d’Aït Daoud est peuplé majoritairement par les Aït Hadiddou, berbères sanhaja d’origine nomade, venus du Sahara,  qui se sont installés au XVIIème siècle dans la vallée de l’Imdghas. Ils font partie de la Confédération  des Aït Yafelmane  qui  regroupe les tribus  Aït Haddidou, Aït Moghad,  Aït Izdeg, Aït Yaya.

Ces tribus, réputées guerrières, furent les dernières à se soumettre au temps du Protectorat. Elles sont unies par des liens de défense et de solidarité, notamment en ce qui concerne les parcours de transhumance.

Ces liens perdurent toujours, ainsi ceux qui unissent les Aït Moghad qui vivent dans les oasis telles queGoulmima, sur la route d’Errachidia, et les Aït Haddidou qui habitent les vallées de l’Assif Melloul, de l’Imdghas et de l’Amdghous, dans le Haut-Atlas. En hiver, les troupeaux des tribus de la montagne descendent dans les oasis, alors qu’en été, ceux des oasis montent dans les pâturages,en altitude, empruntant des parcours strictement délimités  bien  que sans balisage apparent. Ils sont connus et respectés de tous,  régis par un droit coutumier qui semble immuable.
Depuis quelques années, certains éleveurs transportent leurs troupeaux par camion, moins bucolique mais plus rapide…

Les Aït Haddidou sont avant tout des éleveurs et leur  richesse est représentée par  leur troupeau d’ovins et de caprins.
L’agriculture telle qu’ils la pratiquent actuellement est une agriculture de subsistance généralement destinée à leur seule consommation.

Dans cette tribu, le rôle des femmes a, jusqu’à présent, eu une importance particulière. A l’exception du troupeau, des labours et des battages qui restent l’apanage des hommes, elles assurent toutes les tâches récurrentes  qu’il s’agisse  des travaux  domestiques ou des champs. Les hommes sont souvent absents : autrefois ils assuraient un rôle de défense et de protection de leur famille soit qu’ils guerroyaient entre tribus ou contre un ennemi venu de l’extérieur. Actuellement leur absence est d’ordre économique, suite aux années de sècheresse successives qui ont décimé les troupeaux ; les plus jeunes d’entre eux se louent comme saisonniers sur les grosses exploitations agricoles des zones fertiles ou travaillent dans le bâtiment à Tanger, Marrakech ou Casablanca.

Toutefois ces particularités s’estompent du fait de l’influence de nouveaux modèles induits par le salariat.

Au plan de l’artisanat, le tissage est la principale ressource. Les femmes cardent, filent et tissent la laine de leurs moutons pour en faire des burnous, des couvertures et des coussins. Toutefois, le tissage perd de sa fonction vestimentaire féminine car, à l’exception de trois villages de la vallée d’Imilchil,  plus attachés à leurs traditions, le costume traditionnel a pratiquement disparu.